Abidjan proteste vivement contre les propos de Jean-Luc Mélenchon sur la présidentielle
L’ambassade ivoirienne à Paris a dénoncé, jeudi 16 juillet, des déclarations « irresponsables » et « insultantes » du dirigeant de La France insoumise, qui avait accusé le président Alassane Ouattara d’avoir « éliminé ses adversaires » avant sa réélection. Elle annonce vouloir engager des poursuites.
C’est une passe d’armes diplomatique
inhabituelle qui s’est ouverte, jeudi 16 juillet, entre les autorités
ivoiriennes et Jean-Luc Mélenchon. Le fondateur de La France insoumise (LFI)
s’en est pris, lors d’un rassemblement organisé en France, à la conduite de
l’élection présidentielle ivoirienne, affirmant que le président de la
République, Alassane Ouattara, avait écarté ses principaux rivaux avant
d’obtenir un quatrième mandat qu’il a qualifié d’« anticonstitutionnel
». M. Mélenchon a également exhorté Paris à cesser de « se mêler des élections
» en Côte d’Ivoire, prolongeant sa critique récurrente de la politique
africaine de la France.
Ces propos n’ont pas tardé à provoquer
une riposte officielle. Dans un communiqué publié jeudi, l’ambassade de Côte
d’Ivoire en France et à Monaco a fait part d’une « vive protestation »,
jugeant les déclarations du responsable politique français attentatoires aux
institutions ivoiriennes, au chef de l’Etat et, plus largement, au peuple
ivoirien. La représentation diplomatique conteste à M. Mélenchon toute « légitimité
» pour se prononcer sur la conduite du processus électoral dans le pays.
« Un pays souverain depuis 1960 »
Le texte insiste sur la souveraineté du
pays, rappelant que la Côte d’Ivoire n’est plus, depuis son indépendance en
août 1960, une colonie française, et que l’histoire commune entre les deux
Etats ne saurait, selon l’ambassade, autoriser un responsable politique
français à tenir des propos qu’elle qualifie d’« outranciers ». Le
communiqué prend soin, dans le même temps, de souligner l’attachement d’Abidjan
à des relations bilatérales fondées sur la courtoisie et le respect mutuel,
tout en avertissant qu’un dirigeant français aspirant aux plus hautes
responsabilités devrait, selon elle, mieux mesurer où se situent les intérêts
de son propre pays.