L'inclusion financière aide les femmes de Côte d'Ivoire à réaliser leur plein potentiel
En Côte d'Ivoire, les femmes jouent un rôle central dans l'économie. Elles sont fortement présentes dans le commerce, l'agriculture et le secteur manufacturier, et dirigent 34 % des petites et moyennes entreprises (PME). Pourtant, malgré leur contribution essentielle, elles continuent de faire face à de nombreux obstacles qui limitent leur accès aux services financiers nécessaires au développement d'entreprises durables.
L'un des principaux freins est d'ordre structurel. Les
femmes ont un accès limité à la propriété foncière : moins de 15 % des
certificats fonciers sont délivrés à des femmes. Elles ne peuvent donc souvent
pas fournir les garanties exigées par les banques, ce qui restreint leur accès
au crédit.
Par ailleurs, un grand nombre de femmes exercent leurs
activités dans le secteur informel, ce qui rend leurs transactions difficiles à
retracer et les empêche de constituer un historique de crédit. Les faibles
niveaux d'éducation financière et de maîtrise des outils numériques constituent
également des obstacles qui limitent leur capacité à développer pleinement leur
potentiel entrepreneurial.
Pour la Côte d'Ivoire, l'inclusion financière des femmes
est une priorité nationale. Nous la considérons comme un levier essentiel pour
promouvoir une croissance durable et réduire les inégalités sociales. Lorsque
les femmes ont accès aux services financiers et disposent d'une véritable
autonomie financière, elles investissent davantage dans la santé et
l'éducation, contribuant ainsi à réduire la pauvreté et la vulnérabilité des
ménages. Les données issues des établissements de crédit, tant dans le secteur formel
qu'informel, montrent par ailleurs que les femmes remboursent leurs emprunts.
Comment relevons-nous ce défi ?
Nous agissons sur plusieurs fronts. Le Projet de Gestion Novatrice du Fonds
National « Femmes et Développement »
(Fonds Femmes) a permis à des milliers de femmes d'accéder à la microfinance
afin de soutenir leurs activités entrepreneuriales. Les organismes de
régulation, notamment l'Agence de Promotion de l'Inclusion Financière (APIF), mènent des études, collectent des données et
travaillent à renforcer la compréhension, par les femmes, des notions
d'épargne, de crédit et, plus largement, de l'utilisation des services
financiers.
Les partenariats entre le gouvernement et le secteur
privé ont également permis de mettre en œuvre des initiatives visant à
renforcer la culture financière des femmes, à améliorer leur accès à la
microfinance et à favoriser l'adoption des services financiers numériques.
Notre Programme National d'Éducation Financière (PNEF)
s'appuie sur des campagnes de sensibilisation et de formation afin de renforcer
les capacités des femmes à adopter et utiliser efficacement les services
financiers, en particulier les services numériques.
Nous encourageons activement les institutions financières
à accorder davantage de crédits aux femmes et travaillons avec elles au
développement de produits et services financiers adaptés à leurs besoins
spécifiques.
Quels résultats avons-nous obtenus jusqu'à présent ?
Grâce à ces efforts, des progrès significatifs ont déjà
été accomplis. Le taux d'inclusion financière des femmes est passé de 37 % en
2021 à 54 % en 2024. Notre Stratégie Nationale d'Inclusion Financière, le Fonds Femmes et le Fonds
d'Appui aux Femmes de Côte d'Ivoire
(FAFCI) ont permis d'accompagner plus de 300 000 femmes
entrepreneures. L'Organisation de
coopération et de développement économiques (OCDE) a d'ailleurs classé la Côte
d'Ivoire comme le pays africain obtenant les meilleurs
résultats dans la lutte contre les
discriminations à l'égard des femmes.
Nous avons également constaté une progression de
l'utilisation des services financiers numériques, notamment des paiements
marchands, des transactions électroniques et, plus généralement, des opérations
financières digitales.
Quelles sont les prochaines étapes ?
Malgré les progrès réalisés ces dernières années, un
écart persistant subsiste entre les femmes et les hommes en matière d'inclusion
financière (54 % contre 61 %). C'est pourquoi l'APIF poursuit ses efforts pour
améliorer l'accès au crédit, promouvoir l'éducation financière et développer
des produits financiers sensibles au genre, répondant aux besoins spécifiques
des femmes.
Nous prévoyons également de mobiliser davantage de
ressources afin de permettre aux femmes d'accéder à des financements par
l'intermédiaire de fonds spécialisés, leur offrant ainsi des prêts adaptés aux
réalités de leurs secteurs d'activité.
Nous sommes conscients qu'il reste encore beaucoup à
accomplir. Ce qui est encourageant, c'est qu'au-delà de la volonté politique
affirmée du gouvernement, l'ensemble des parties prenantes est pleinement
mobilisé pour favoriser l'inclusion financière des femmes et leur permettre de
réaliser tout leur potentiel.
Pour en savoir plus sur les actions menées par la Côte d'Ivoire en faveur de l'inclusion financière, nous vous invitons à découvrir la vidéo ci-dessous.