Nouvelle flambée des prix du carburant en Côte d’Ivoire

Nouvelle flambée des prix du carburant en Côte d’Ivoire

Pour la deuxième fois en moins de trois mois, les autorités ivoiriennes ont annoncé le relèvement des prix du carburant à la pompe. Une décision qui porte le prix du litre de super sans plomb à un niveau inédit.

Cette nouvelle hausse illustre les tensions croissantes entre la volatilité des prix du pétrole sur les marchés mondiaux et la promesse du gouvernement ivoirien de préserver le pouvoir d’achat des ménages.

Depuis le 1er août 2026, les automobilistes ivoiriens paient plus cher pour faire le plein. La Direction générale des hydrocarbures (DGH), organe rattaché au ministère des Mines, du Pétrole et de l’Énergie, a publié fin juillet une nouvelle grille tarifaire applicable pour tout le mois. Le litre de super sans plomb passe de 875 à 905 francs CFA, tandis que le gasoil, carburant de référence du transport routier de marchandises et de personnes, grimpe de 700 à 725 francs CFA.

Le pétrole lampant, encore largement utilisé par les ménages ruraux pour la cuisine et l’éclairage, connaît la hausse la plus marquée, avec 35 francs CFA supplémentaires, à 780 francs le litre.

Cette révision des prix n’est pas une surprise pour les observateurs du secteur. Depuis plusieurs années, la Côte d’Ivoire applique un mécanisme mensuel d’ajustement automatique des prix des produits pétroliers indexé sur l’évolution des cours mondiaux du brut et des produits raffinés.

Les autorités justifient ce nouveau relèvement par les tensions persistantes sur le marché international de l’énergie, notamment liées aux inquiétudes logistiques dans la région du détroit d’Ormuz, point de passage stratégique pour une part significative du transit pétrolier mondial.

La trajectoire des prix depuis le début de l’année témoigne de cette instabilité. Après une série de baisses entre avril 2025 et février 2026 (qui avaient permis au super sans plomb de refluer à 820 francs CFA), une première remontée était déjà intervenue en mai, portant le litre du super sans plomb à 875 francs.

Trois mois plus tard, le nouveau palier atteint 905 francs, soit une progression cumulée de 85 francs CFA depuis janvier.

Le gouvernement insiste sur l’ampleur de l’effort budgétaire consenti pour amortir le choc. Depuis mars, l’État ivoirien prend en charge une partie du différentiel entre le coût réel d’importation des produits pétroliers et leur prix plafonné à la pompe. Il s’agit d’un soutien dont le montant exact n’a pas été précisé publiquement mais que les autorités présentent comme conséquent. Sans cette intervention, affirment-elles, le litre de super aurait dépassé largement les tarifs appliqués aujourd’hui.

Le gaz butane, seul îlot de stabilité

Seul répit pour les consommateurs, les prix du gaz butane, largement utilisé pour la cuisson dans les foyers urbains. Ces prix restent inchangés pour le troisième mois consécutif. La bouteille de 6 kg demeure fixée à 2 000 francs CFA, celle de 12,5 kg à 5 200 francs, et la grande bonbonne de 25 kg autour de 11 610 francs.

Ce statu quo, présenté par les autorités comme un choix délibéré, est destiné à protéger les budgets des ménages. Les conséquences de cette hausse du carburant ne devraient pas se limiter aux stations-service.

Le gasoil, massivement utilisé dans le transport de marchandises et de voyageurs, joue un rôle central dans la formation des prix le long des chaînes d’approvisionnement. Plusieurs acteurs économiques redoutent que les transporteurs répercutent la hausse de leurs coûts sur leurs tarifs entraînant une possible hausse sur les prix des denrées alimentaires et autres biens de consommation courante.

Le gouvernement, qui a multiplié ces derniers mois les opérations de contrôle de l’affichage des prix plafonnés dans les stations-service, affirme rester déterminé à limiter l’impact de ces hausses sur les populations les plus vulnérables.

Reste à savoir si le mécanisme d’ajustement automatique, conçu pour lisser les chocs à moyen terme, pourra continuer d’absorber une volatilité pétrolière mondiale qui, elle, ne montre pour l’instant aucun signe d’accalmie.