L’élection du nouveau président du Conseil des droits de l’homme contestée
Plusieurs organisations de la société civile contestent l’élection de Dr Christian Adjelou à la tête du Conseil National des Droits de l'Homme (CNDH). En cause : son appartenance revendiquée au Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP).
Les
organisations jugent incompatible l’appartenance politique de
l’enseignant-chercheur avec ses nouvelles fonctions qui exigent une totale indépendance
vis-à-vis des acteurs politiques. Dans un communiqué, 21 organisations ont
appelé le 1er avril 2026 au respect des textes qui encadrent la
fonction de président du CNDH. Ces organisations précisent que les articles 15
et 16 de la loi N°2018-900 du 30 novembre 2018 portant création du CNDH-CI
n’ont pas été respectés. Ces articles insistent sur l’indépendance du président
de l’institution et la prise en compte du genre dans le choix des membres du
bureau exécutif.
L’article 16
alinéa 3 dispose que « le Président du CNDH-CI doit être une personnalité
reconnue pour sa probité, sa respectabilité et son impartialité. » Pour ces
organisations, Dr Christian Adjelou ne saurait être la personne indiquée
puisque ne respectant pas les critères définis par la loi et qu’il n’a pas
renoncé « à son militantisme ».
« Sans
que cela ne relève d’une appréciation personnelle à l’encontre de la personne
désignée, il apparaît de notoriété publique que celle-ci s’est, à plusieurs
reprises, dans des émissions radiodiffusées accessibles sur le bouquet
CanalSat, présentée comme militante d’un parti politique ivoirien depuis
plusieurs décennies. Il ressort également qu’elle a affirmé, sur ces mêmes
médias, avoir représenté ce parti politique à l’étranger, ainsi que son
candidat lors de l’élection présidentielle du 25 octobre 2025 en Côte d’Ivoire,
soit à une période bien récente » peut-on lire dans le communiqué dont
la rédaction a eu copie.
Même son de
cloche du côté de la FIDHOP, la Fondation internationale pour les droits de
l’homme et la vie pacifique. L’ONG dit partager « les critiques et
réserves des nombreux Ivoiriens quant à l’appartenance assumée du Dr Adjelou
Christian au RDR/RHDP ». La FIDHOP appelle le président fraîchement
élu du Conseil à rendre sa démission.
Les
organisations contestant l’élection de Dr Adjelou Christian à la tête du Conseil
National des Droits de l'Homme (CNDH) estiment que la présence d’un militant
politique en qualité de président est en contradiction avec les engagements
nationaux et internationaux de la Côte d’Ivoire en matière de genre et
d’indépendance. De nombreuses organisations demandent la reprise du processus
de désignation du président afin de respecter les textes fondateurs de
l’institution.
La CNDH-CI
évolue donc dans une logique de contestation du président depuis l’arrivée de
Mme Namizata Sangaré à la tête de l’institution. La présidente sortante a
cumulé trois mandats alors qu’elle ne pouvait prétendre qu’à deux mandats; un
mandat renouvelable une seule fois.