L’épidémie d’Ebola ralentit mais reste loin d’être maîtrisée
L’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo (RDC) montre des signes de ralentissement, avec une baisse du nombre hebdomadaire de cas confirmés par rapport au pic d’août, mais la situation reste préoccupante, a averti jeudi 3 septembre l’Africa CDC.
« Il est
encore trop tôt pour affirmer que nous maîtrisons l’ensemble de l’épidémie
», a déclaré le Dr Wessam Mankoula, responsable de l’équipe continentale de
soutien à la gestion des incidents (IMST), lors du point presse hebdomadaire de
l’agence. Depuis la déclaration de l’épidémie le 15 mai, environ 6.000 cas
confirmés ont été signalés dans l’est de la RDC, répartis dans 60 zones
sanitaires, avec plus de 3.000 décès. Les six provinces touchées couvrent une
superficie supérieure à celle du Royaume-Uni et de la France réunis,
compliquant la riposte.
L’épidémie avait
débuté avec huit cas confirmés dans trois zones sanitaires le 15 mai. Un mois
plus tard, 837 cas étaient recensés dans 31 zones. Sur une période comparable
de 16 semaines, l’épidémie actuelle a enregistré six fois plus de cas que celle
d’Ebola en Afrique de l’Ouest en 2014, et cinq fois plus de décès. Des progrès
sont toutefois observés. Quatre zones sanitaires n’ont signalé aucun nouveau
cas depuis plus de 42 jours et cinq autres sont entrées dans la phase de
maîtrise, après 21 à 42 jours sans cas. Mais 51 zones sanitaires restent
actives.
Le nombre de cas confirmés s’est stabilisé au cours des deux dernières semaines. Après un pic de 537 cas durant la semaine du 10 août, il est tombé à 464 la semaine suivante avant de remonter à 479, soit une baisse de 12% par rapport au pic. L’Africa CDC reste cependant prudent et souligne qu’il est trop tôt pour parler de baisse durable. La situation est aggravée par les décès survenant dans les communautés avant l’arrivée des patients dans les centres de santé. Plus de 60% des décès enregistrés au cours des sept derniers jours ont eu lieu dans les communautés, signe de retards dans le dépistage et l’accès aux soins.
L’Ituri reste la province la plus
touchée en nombre de cas et de décès, avec une baisse de 14% des cas sur les
trois dernières semaines. Le Nord-Kivu, qui présente le taux de létalité le
plus élevé, connaît en revanche une hausse et fait face à des restrictions
d’accès liées à l’insécurité. La surveillance communautaire s’est améliorée,
avec une hausse de 25% des alertes signalées fin août. Mais la recherche des
contacts demeure un point faible : si elle atteint 89% parmi les contacts déjà
répertoriés, elle ne représente qu’environ 19% en prenant comme référence
l’objectif de 40 à 60 contacts par cas.
Les essais cliniques et vaccinaux se
poursuivent. L’essai Oliveir sur la prophylaxie post-exposition compte 216
contacts recrutés sur 400 prévus, tandis qu’un essai sur le remdesivir et des
anticorps monoclonaux en compte 334. Les essais de phase 1 des vaccins Shadog
et Moderna ont débuté au Royaume-Uni et au Canada. Un essai du vaccin AirVivo
doit débuter en RDC ; plus de 1.100 professionnels de santé avaient déjà été
vaccinés à titre compassionnel au 1er septembre.
Les capacités de traitement ont
progressé de 40% depuis fin juillet, passant d’environ 900 à 1.300 lits.
L’Africa CDC appelle désormais à renforcer les couloirs humanitaires, la
recherche des cas et des contacts, les effectifs communautaires et les capacités
de traitement, notamment dans les zones affectées par l’insécurité. L’agence
demande également une surveillance renforcée à la frontière avec l’Ouganda, où
des cas ont été signalés dans des provinces voisines. Malgré la fin déclarée de
l’épidémie en Ouganda, le risque de propagation demeure, selon l’Africa CDC.