Le PIDC se prononce sur le prix d’achat bord champ pour la campagne intermédiaire 2025-2026
La plateforme ivoirienne pour le cacao durable (PICD) a appris par voie de presse l’annonce officielle du prix d’achat bord champ du cacao pour la campagne intermédiaire 2025-2026. Ce prix, fixé à 1 200 FCFA est en baisse de 57% par rapport au prix de la campagne principale. Pour la PICD, en plus de la modification du calendrier habituel, cette annonce soulève des questions importantes notamment la gestion des stocks issus de la campagne principale.
L’annonce de la campagne
intermédiaire intervient dans un contexte marqué par une campagne principale
difficile au cours de laquelle, la commercialisation intérieure
du cacao a été bloquée, créant ainsi des stocks importants dans les
magasins des coopératives et laissant de nombreux
producteurs dans l’incapacité de ventre
leurs productions. La PICD estime à plus de 30 milliards
FCFA, la perte nette
pour les sociétés coopératives membres si leur stock actuel, acheté à 2 800 FCFA venait
à être commercialisé au prix usine de 1 300 FCFA.
Et, ce chiffre ne prend pas en compte
les dépenses liées à la gestion et l’entretien régulier des stocks pour éviter
une dégradation importante de la qualité des fèves.
Pour rappel,
la campagne principale 2025-2026 a été annoncée pour couvrir la période allant du 1er octobre 2025 au
31 mars 2026. Si le changement de ce calendrier initial relève d’une nécessité
liée à la situation du marché mondial, il n’est pas acceptable que le préjudice
qui en résulte soit à la charge unique des producteurs et des sociétés coopératives.
La PICD appelle donc les autorités à l’ouverture dans les meilleurs délais,
d’un dialogue inclusif et à la mise en place d’un plan de sauvetage pour éviter
la disparition du mouvement coopératif, acteur
clé de la filière cacao en Côte d’Ivoire.
En dépit des difficultés et défis
majeurs persistants, d’importants
efforts ont été déployés ces dernières années
pour mettre de l’ordre dans la filière cacao. Ces efforts permettent aujourd’hui d’être engagé dans la modernisation de la filière notamment à travers la mise
en place en cours d’un système national de traçabilité, l’adoption d’une norme
sur le cacao durable (la norme Régionale ARS-1000), et la création de
l’organisation interprofessionnelle agricole (OIA). Ces réalisations sont le
résultat du travail de l’ensemble des acteurs.
C’est pour cette raison
que, malgré les difficultés actuelles, la PICD maintient que le système de
commercialisation entièrement libéralisé n’est pas une solution viable dans le contexte
de la Côte d’Ivoire. Et, si nous appelons à plus d’inclusion et de transparence
dans la gestion de la filière, nous réaffirmons néanmoins notre attachement à
l’ordre qu’incarne le régulateur de la filière. La PICD appelle donc ses membres à ne céder à aucune facilité et à ne s’associer à aucune demande de
remise en question totale des structures actuelles de gestion de la filière.
La PICD réitère son
engagement exigeant d’acteur constructif, disponible à partager avec les autres
parties prenantes notamment le
Conseil du Café-Cacao, ses propositions pour trouver une issue à la crise sans
que les intérêts des productrices et les producteurs ainsi que des sociétés
coopératives, ne soient sacrifiés.